Par Geoffray Barbier, compétiteur en D1 rivière et vice champion du monde junior 2013

Une question revient très régulièrement sur nos réseaux sociaux, celle de la construction du bas de ligne pour la pratique de la pêche en nymphe au fil.
Si cette technique impose l’utilisation d’un bas de ligne qui peut paraitre à première vue extrêmement rudimentaire, ce dernier peut être grandement peaufiné pour en tirer le meilleur.
Voici le mien, qui pourra vous donner quelques clés pour vous aider à construire le votre.
Les matériaux
- Nylon Native Chromos, un nylon très visible car teinté dans la masse, avec une excellente glisse et qui vieillit très bien.

- Nylon Native NX, un nylon souple avec une excellente résistance aux nœuds.

- Nylon bicolore Vision Nymphmaniac Twotone, extrêmement visible, teinté dans la masse, avec une jonction très franche entre le rose et le jaune.

- Microring 1mm Cortland, des micro anneaux très bien fini, parmi les plus fiables du marché.
. - Fluorocarbone TroutHunter de 8X à 6.5X, LE fluorocarbone sans concession, le plus régulier sur la durée.
La construction

Si on parle véritablement de pêche au fil, ou d’European Style Nymphing, il faut compter que le bas de ligne fasse au total, deux fois la longueur de la canne. Si on part sur l’utilisation d’une canne polyvalente, c’est-à-dire de 10’6, on le déclinera de cette manière :
- Chromos en 16 centièmes : 4m. Pour avoir un corps de ligne avec une glisse parfaite et une couleur permettant de suivre parfaitement le lancer et la dérive.
- NX en 16 centièmes : 50cm. Pour isoler le fil qui permet de suivre la dérive et celui qui nous sert à visualiser les touches.
- Twotone en 16 centièmes : 50cm. Pour visualiser les touches très précisément. Il est important de mettre la couleur qui contraste le plus avec celle de l’eau du coté de la surface.
- Microring : il a plusieurs utilités.
- Pointe en fluorocarbone Trout Hunter. Même si parfois le nylon peut suffire, notamment lors de pêches très légères, le Fluorocarbone étant beaucoup plus résistant à l’abrasion, permet de limiter considérablement les casses intempestives. Vous perdrez beaucoup moins de nymphes et beaucoup moins de poissons !
Dans le cadre de la pêche à l’espagnole, c’est à dire sans l’utilisation de la soie, on pourra directement utiliser le Chromos sur le moulinet.
Les nœuds

Les nœuds de raccord: nœud de 8 sans concession ! détourné de l’escalade par Grégoire alors qu’il était encore à l’école, il s’est aujourd’hui démocratisé et utilisé par beaucoup. Pour moi, je ne m’en séparerai pas !
Deux versions sont à utiliser :
Le nœud de 8 pour connecter le fil aux œillets ou au microrings,
Le nœud de 8 pour connecter deux fils,
Le micro-ring
Il est utilisé pour connecter la pointe à l’indicateur.
Il aura 2 utilités principales:
- protéger l’indicateur pour qu’il ne se raccourcisse pas à chaque changement de pointe.
- protéger la qualité du nœud. En effet, si on noue directement un fluoro sur un nylon, le nœud sera vraiment fragile du fait de la différence de dureté des 2 matières, le fluoro blessant le nylon.
Et la pointe ?
C’est une question qui mérite un chapitre à part entière… ou plus ! La longueur de la pointe est directement dépendante de l’activité des poissons, des postes, des poids de nymphe…
1 nymphe, deux nymphes, trois nymphes, sèche-nymphe…. Toutes ces approches nécessiteront des longueurs de pointes adaptées. On en reparlera dans un prochain article!
On aura compris, le bas de ligne pour la pêche en nymphe n’as pas vocation à transférer l’énergie de la soie vers la mouche, mais au contraire d’être entrainé par le poids des nymphes, d’assurer un lancer précis et le contrôle parfait de la dérive.
Et vous, comment construisez vous votre bas de ligne pour la pêche en nymphe?
Si vous souhaitez approfondir cette technique, n’hésitez pas à vous rapprocher de nos guides partenaires qui pourront répondre à vos questions selon votre niveau et selon vos attentes.